Biographie

Originaire de Dieppe, François Lanel est auteur-metteur en scène de pièces sonores et théâtrales. Son goût pour l’art contemporain s’est affirmé au fil d’expériences professionnelles variées : à la Galerie Valentin (Paris), au sein de la production du Festival d’Avignon, sur le projet W de Joris Lacoste et Jeanne Revel aux Laboratoires d’Aubervilliers, et en tant qu’assistant à la mise en scène auprès de Frédéric Fisbach puis de Pierre Meunier. Après un Master Théâtre – Mise en scène et dramaturgie à l’Université Paris Nanterre, il fonde en 2010 la compagnie L’Accord sensible et crée ses premières pièces : Les éclaboussuresD-DayChamps d’appelMassif central et Une oie des oiseaux. Il explore « la prise de parole spontanée au théâtre » avec la performance J’ai dit à Thibaud tu prendras la parole et on verra bien ce qui se passe puis à travers un laboratoire de recherche au long cours intitulé Ce qui vient. Aujourd’hui, son travail s’inscrit principalement dans le cadre du théâtre-paysage et s’articule autour de la notion de « mémoire poétique ». Il crée ainsi les pièces D-Day II (2019), La Lin Li La Lin (2021), Messe basse (2023) et La Théorie du héron (2025), toutes imaginées in situ avec l’implication de comédiens non-professionnels. Parallèlement, il attache une grande importance à ses collaborations en tant que comédien et dramaturge auprès d’autres artistes : la compagnie Placement libre (Monsieur MicrocosmosArchivolte), l’Atelier Martine Venturelli (Appontages) avec Thierry Besche et le GMEA – Centre National de Création Musicale d’Albi – Tarn, ou encore le collectif Smog (Coquilles, La couleur de l’eau).

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D’une certaine manière, je crois qu’il faut apprendre à s’égarer, à dire oui avant même de connaître ou de comprendre. Quoi de plus excitant ? La scène est un espace de jeu et de rencontre inouï, l’endroit rêvé pour vivre des aventures inattendues. J’ai toujours eu l’intuition que, pour faire surgir quelque chose d’étonnant, il fallait nécessairement plonger dans l’inconnu et accueillir toutes les surprises possibles. Le début du travail consiste à offrir quelque chose de soi, à partager une forme d’intimité avec les autres, pour faire naître du commun. Sur le plateau, l’improvisation ouvre des chemins invraisemblables et libère les parts d’enfance qui sommeillent en chacun de nous. Peu à peu, nos énergies se complètent, nos obsessions se font écho, et apparaît alors une forme qui n’est pas la somme de chacun mais le fruit de nos interactions. Il suffit de laisser infuser ce qui nous traverse et d’avancer sur le fil de l’imprévisible, au gré de digressions et de pas de côté plus ou moins improbables. Tout se tisse dans la joie : jaillissent des rapprochements surprenants, des figures parfois étranges… Ce que j’espère toujours, c’est découvrir sur scène ce dont je rêvais sans l’imaginer : un équilibre fragile, mystérieux et magique, en perpétuelle évolution.

F. L.